Liens

Texte Libre

 MERCI


À TOUS


sincèrement


POUR
 

VOS MÈLS

comme du miel

            VERS

wwwlavie@hotmail.com

 

 

en de longs va-et-vient

                                      

~~~~~~~~~~~~~~~ 

 

enki1.jpg                             

 

~~~~~~~~~~~~~~~

SSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSSS

Tous les jours...

Cliquez... et restez en : 

 http://wwwlavie.over-blog.com

wwwlavie

 

  
STATISTIQUES
au...  01/12/2007

Date de création :12/03/2005
Pages vues :
109836 (total)
Visiteurs uniques :
33373
Journée record :
02/08/2007 ( 1270 Pages vues )
Mois record :
01/06/2007 ( 15595 Pages vues )

 

Faites connaître ce Site 

PAR DELÀ LES FRONTIÈRES 

;-)

Syndication

  • Flux RSS des articles

Publicité

LANGUES DU MONDE

Jeudi 1 janvier 1970

Liens recommandés...

Par RBBR
Ecrire un commentaire - Voir les 2 commentaires - Recommander
Samedi 2 avril 2005
 

 

QUI TRADUIT, TRAHIT




Voici un texte d'une grande richesse sur le danger que présente la traduction d'oeuvres littéraires. Il illustre à merveille mon thème de la « pomme » : si entre le monde réel (celui de la pomme d'Ève) et le monde théorique (celui de la pomme de Newton) la science opère une traduction, alors elle établit entre les deux mondes un rapport mais en aucun cas une équivalence absolue ou une identification

Christian Magnan
Collège de France, Paris
Université de Montpellier II

AVANT-PROPOS D'ANDRÉ GIDE À LA COLLECTION DES

OEUVRES COMPLÈTES DE SHAKESPEARE

TRADUITES PAR FRANÇOIS-VICTOR HUGO ET

ÉDITÉES DANS LA BIBLIOTHÈQUE DE LA PLÉIADE

  Extraits

[...] s'il n'est pas d'auteur qui mérite plus d'être traduit que Shakespeare, il n'en est pas sans doute qui reste plus difficile à traduire, ni qu'une traduction risque de plus défigurer.

Shakespeare se soucie fort peu de cette logique, sans le soutien de laquelle trébuchent nos esprits latins. Les images, chez lui, se chevauchent et se culbutent ; devant leur surabondance, le malheureux traducteur reste pantois. Il voudrait ne rien sacrifier de tant de richesse, et se trouve entraîné à développer en une phrase la métaphore qui, dans le texte anglais, tient en un mot. Tout ce qui se lovait d'élan poétique dans ce resserrement extrême n'est plus dès lors qu'un ressort détendu. La traduction devient explicative. La logique y est satisfaite ; mais le charme n'opère plus. Un appesantissement de tardigrade couvre en claudicant l'espace que le vers shakespearien a franchi d'un bond.

Ce n'est qu'au contact d'une langue étrangère que l'on se rend compte des déficiences de la sienne propre, et le Français qui ne sait que le français ne s'aperçoit pas de ces manques. Lorsque Théophile Gautier affirmait (je ne sais si je cite exactement ses paroles) : « En art, l'inexprimable n'existe pas », il voulait dire, sans doute, qu'il n'est rien qu'un artiste accompli ne soit à même d'exprimer ; mais je préfère entendre  : ce que nous pouvons exprimer n'est pas.

Aux prises avec d'insolites propositions, le traducteur s'impatiente. Je le compare à l'écuyer qui prétend faire exécuter à son cheval des mouvements qui ne sont pas naturels à celui-ci. La langue française se montre particulièrement rétive. Elle n'a plus cette plaisante plasticité qui permettait à un Ronsard, à un Montaigne, leurs merveilleuses inventions verbales. De plus, les substantifs et les épithètes sans flexions n'indiquent leur fonction que par leur position dans la phrase ; on ne les peut que fort malaisément déplacer. Notre syntaxe n'échappe pas volontiers à des règles, parfois logiques, souvent arbitraires ; il n'est que de s'y soumettre, et, pour le traducteur, de biaiser. Il ne parvient à rester fidèle, à la fois au génie de sa langue propre et à celui de Shakespeare, que par de contiuelles petites ruses et menues tricheries. Disons encore :

Il advient presque toujours qu'un vocable, lors même qu'il désigne un objet précis et trouve un équivalent précis dans une autre langue, s'entoure d'un halo d'évocations et de réminiscences, sortes d'harmoniques qui ne sauraient être les mêmes que dans l'autre langue et que le traducteur ne peut espérer conserver. (Qui peut croire que le « soleil » et la « lune » changent impunément de sexe en quittant le français pour l'allemand ?) Je donnerai cet exemple, entre mille : le mot mallard, qui, en anglais, désigne le mâle du canard sauvage, n'a pas d'équivalent en français * . Le mot canard reste asexué ; et lorsque, en quelques vers admirables, la fuite du vaisseau d'Antoine, au moment le plus chaud de la bataille d'Actium, est comparée à celle du mallard, le traducteur, impuissant, se désespère. Expliquons-nous : le mot français « canard » n'est entouré, lui, d'aucun halo poétique ; il désigne un oiseau de basse-cour, évoque la mare de ferme où il prend ses ébats ; il évoque, au surplus (à moins d'être qualifié de « sauvage »), non point un vol, mais une démarche disgracieuse et des cancans inharmonieux ; c'est le duck anglais. Le mot mallard évoque d'abord le canard sauvage ; c'est un oiseau migrateur de grand vol et, dans le texte de Shakespeare, il déploie des « ailes marines ». Et je peux bien, dans une ornithologie anglaise, trouver mention d'une espèce de canards marins qui hante les côtes du nord de l'Islande, il est peu vraisemblable que ce soit spécialement à ces canards-là qu'ait songé Shakespeare en peignant l'Antoniade emporté dans la fuite des galères égyptiennes. N'importe : le lecteur anglais, ou l'auditeur, n'est nullement surpris ni gêné par ces « ailes marines » du mallard, tandis que celles du canard feront sourire le lecteur français, le laisseront supposer un contresens, tout au moins une inadvertance... à éviter. Il y a plus : le mallard est connu des Anglais par sa fidélité amoureuse. J'ai pu le constater moi-même, chassant sur les bords du Logone, que cette réputation n'est nullement usurpée (encore que Brehm n'y fasse aucune allusion) : le canard mâle suit sa compagne blessée et se laisse tuer sur place plutôt que de se séparer d'elle. Admettons que la majorité des Anglais sache cela, que la majorité des Français ignore. De toute manière, il appert que c'est surtout à cela qu'a pensé Shakespeare, à cette notion de fidélité, latente dans le mot : et c'est surtout ce qu'il importe que le traducteur préserve et mette en valeur, dût-il abandonner le canard, remplaçant celui-ci par quelque oiseau qui puisse déployer des « ailes marines » sans s'exposer aux sourires impertinents du lecteur.

Je n'ai présenté cet exemple et ne me suis attardé à le commenter que comme le représentant du genre de difficultés les plus fréquentes : celles où les mots français ont le plus grand mal à couvrir l'abondant foisonnement des suggestions, mais où du moins les propositions du texte anglais restent claires. Or ces difficultés ne sont rien (ou « qu'une mouche auprès d'un aigle », comme dit Shakespeare) en regard de celles où la signification même du texte reste douteuse. De nombreux passages de Shakespeare restent à peu près incompréhensibles ou présentent parfois deux, trois ou quatre possibilités d'interprétation, parfois nettement contradictoires, au sujet desquelles les commentateurs ergotent. Parfois même, plusieurs leçons se sont maintenues, entre lesquelles les éditeurs hésitent, et l'on est en droit de douter si peut-être la plus communément acceptée n'est pas fautive. Alors le problème se pose, pour le traducteur : doit-il choisir, entre ces sens divers, opter en faveur de celui qui lui paraît le plus raisonnable ? ou la plus poétique ? ou le plus évocateur ? ou chercher à maintenir, dans sa traduction, un ambiguïté, ou même : une incompréhensibilité dont le lecteur le fera sûrement responsable ?

--  Votre texte, ici, n'est pas bien clair.
--  Croyez-vous donc que le texte de Shakespeare le soit davantage ?

Parfois le mot lui-même est de signification indubitable, mais on ne sait à qui ou à quoi il se rapporte. Le traducteur français se trouve, de par les exigences de notre grammaire, dans l'impossibilité de laisser subsister l'hésitation poétique et cette incertitude psychologique où parfois se révèle admirablement un certain trouble de l'esprit. De ce cas très particulier, je trouve dans le Roi Lear un probant exemple. Ce drame admirable nous montre la folie assiégeant de toutes parts le roi chancelant et traqué. Bien plus : une même scène réunit Lear à demi dément, Gloucester aveugle et souhaitant la folie comme un refuge, conduit lui-même par un vieillard « à la fois mendiant et fou », et que va relayer Edgar, fils de Gloucester, qui, lui, simule la folie. Dans cette scène et dans d'autres, le mot fool revient sans cesse (alternant avec le mot mad) et, du reste, sonne à travers le drame entier comme un glas. « C'est le malheur de ces temps, que les fous guident les aveugles. » Et  : « Dès que nous naissons, nous pleurons d'être venus sur ce grand théâtre de fous. » Une vent de démence souffle sur la lande, comme pour emporter les derniers restes de la raison... Or voici la difficulté exemplaire : le roi Lear, à la fin du drame, s'écrie : My poor fool is hanged, et voici les commentateurs aux abois. De quel fou s'agit-il ? De son bouffon, compagnon du début du drame et qui disparaît mystérieusement à partir du troisième acte ? ou de sa fille Cordélie dont il tient le cadavre dans ses bras ? le mot fool convenant également à l'une et à l'autre permet de supposer l'un ou l'autre et protège une indécision qu'il n'est pas possible de maintenir en français. Le traducteur, lui, doit opter. Les uns proposeront : « Mon pauvre fou s'est pendu », ramenant la pensée chancelante de Lear vers un passé dont le spectateur se souvient à peine : et si le traducteur opte pour Cordélie, le mot de « folle » convient-il bien à celle que précisément la folie n'a pas atteinte, et ne sied-il pas de remplacer ici le mot « folle » par quelque terme of pity and endearment (comme disent les commentateurs), acception à laquelle se prête fort bien le mot fool anglais, et fort médiocrement le mot français fou ou folle. De toute manière et quel que soit le parti qu'il prenne, le traducteur perdra le bénéfice du doute, le bénéfice psychologique de l'indécision.

Parfois l'ambiguïté ne porte pas sur la personne désignée ; tel mot reste interprétable de plusieurs façons, de sorte que le doute est permis sur la signification que prétend lui donner Shakespeare. Il ne semble point qu'il ait souci de préciser sa pensée ; ce doute même et la sorte de flottement qui en résulte élargit le champ poétique où notre imagination est lancée.

Voici, par exemple, quelques mots, en eux-mêmes bien transparents, mais qui prêtent à de multiples interprétations. Je les trouve au dernier acte d'Antoine et Cléopâtre et, pour l'édification du lecteur, transcrirai les gloses des commentateurs : César, dans Alexandrie, vient d'apprendre la mort d'Antoine ; survient un messager : « Qui es-tu ? » lui demande César (ou plus exactement « D'où es-tu »). L'autre répond : A poor Egyptian yet. Et, là-dessus, chacun d'ergoter. Qu'est-ce que signifient ces quatre mots, d'apparence si limpide ? Car le sens du yet anglais reste fort ambigu et l'on peut très diversement le traduire (pourtant; encore; jusqu'à présent; désormais; de nouveau; en plus, etc.). « Pris dans le contexte, explique R. H. Case, la réplique semble vouloir dire : « Je viens du pays qui reste l'Égypte, aussi longtemps que tu n'as pas décidé de son sort. » Voici l'explication de Johnson : « Je suis encore un serviteur de la reine d'Égypte, mais appelé à devenir bientôt sujet romain. » Deighton suggère : « Bien que conquis par toi, César, et si misérable que je puisse être, tu ne pourras pas faire que je ne sois pas un Égyptien  » et le yet, dès lors, prend une intonation de défi. Pour augmenter la difficulté, certaines leçons lient ces mots à la phrase suivante, ne mettent à leur suite qu'une virgule et non un point suivi de majuscule. On lit alors :

A poor Egyptian yet, the queen my mistress...

et le sens devient tout différent, car les premiers mots ne se rapportent plus, dès lors, au messager, mais à Cléopâtre ; et la phrase entière, ainsi reconstituée, peut être traduite ainsi : « Ma maîtresse, la reine, qui n'est plus désormais qu'une pauvre Égyptienne... » Telle est l'interprétation de Schmidt. Le yet anglais maintient l'indécision, permet le doute ; le traducteur est contraint de choisir et de préciser.

[...]

Jusqu'au jour où Victor Hugo put dire (1865) dans la préface à la traduction de son fils : « La danger de traduire Shakespeare à disparu », il semble que les hardiesses du texte shakespearien aient effrayé les traducteurs. On ne nous a d'abord offert, de ses drames, que des versions édulcorées. François-Victor Hugo, le premier, se montre extraordinairement soucieux de fidélité ; et si parfois son désir de ne rien perdre du foisonnement des images l'entraîne à de fâcheux allongements de phrase, si, pour sauver l'exactitude, il sacrifie parfois mouvement, rythme et poésie, du moins sa traduction permet-elle de pénétrer au plus épais du taillis : elle développe le détail des phrases et nous permet une compréhension minutieuse du texte anglais. [...]

Chaque traducteur, suivant son goût et son tempérament personnel, sera sensible à telle qualité de Shakespeare plutôt qu'à telle autre et s'attachera spécialement à la rendre. Il faut compter avec cet indice de réfraction légèrement déformant. C'est aussi pourquoi, tout en adoptant la version de F.-V. Hugo pour l'ensemble, la Pléiade a jugé bon de présenter les textes de quelques récentes versions différentes. Si Shakespeare est quelque peu trahi, inévitablement, par chacune d'elles, du moins ne le sera-t-il pas toujours de la même façon. Chacune de ces versions aura ses vertus particulières  c'est de leur faisceau seulement que pourra se recomposer le prisme du génie diapré de Shakespeare.

ANDRÉ GIDE

 


*Pas du moins dans le langage courant. Littré toutefois donne le mot malart qui désigne, nous apprend-il, le mâle des canes sauvages et aussi, dans certains départements, le canard domestique mâle. Mot d'origine inconnue, ajoute-t-il.

 

.............................................................................................................................................

TOUJOURS REVENIR VERS  HTTP://WWWLAVIE.OVER-BLOG.COM  POUR EN SAVOIR PLUS. 

.............................................................................................................................................

Par R B*
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mercredi 6 avril 2005
 

PARMI LES MILLIERS DE LANGUES DU MONDE :
LE FRANÇAIS

 

par Henriette Walter

Par un caprice du hasard, les dix mots choisis cette année pour la semaine " Le français comme on l'aime " sont d'origine latine pour huit d'entre eux (beauté, encore, flamme, inspiré, nuance, oiseau, quelqu'un, voyage) et d'origine grecque pour les deux autres (kyrielle et utopie).

Le hasard a cette fois bien fait les choses puisque le latin et le grec occupent une place de choix parmi les langues d'Europe et du monde occidental. Qui plus est, ces langues appartiennent à la grande famille des langues indo-européennes, aujourd'hui parlées par la moitié de la population mondiale.

Les langues indo-européennes

A l'origine répandues uniquement en Europe et dans une partie de l'Asie, ces langues ont ensuite connu une expansion généralisée et, de nos jours, même dans le Nouveau Monde, les quatre langues principales sont indo-européennes : l'anglais, langue germanique, ainsi que le français, l'espagnol et le portugais, langues romanes.

Si l'on considère que des langues comme le français, l'allemand, le russe, l'irlandais et même l'arménien, le persan et l'hindoustani sont issues de la même famille indo-européenne, c'est parce qu'on a pu, par la méthode comparative appliquée aux langues attestées, remonter à des racines communes.

Ainsi, malgré l'évolution phonétique qui, au fil des siècles et des millénaires, a un peu brouillé les pistes, on a pu par exemple rapprocher les mots désignant le chiffre trois et qui sont :

en français trois < latin tres,

en anglais three,

en allemand drei,

en russe tri,

en polonais trzy,

en lituanien trips,

en irlandais tri,

et même en sanscrit trayas.

Ces ressemblances ne peuvent pas être l'effet du hasard car elles sont encore confirmées par d'autres correspondances du même type pour les noms du père, de la mère, du cœur et du loup.

Ainsi pour la mère :

en français mère < latin mater

en anglais mother,

en allemand Mutter,

en russe mat',

en polonais matka,

en lituanien motyna,

en irlandais mathair,

en sanscrit matar.

Le mot qui désigne le cœur permet de constater qu'au /k/ du grec, du latin et des langues celtiques correspond un /h/ dans les langues germaniques et en sanskrit, et un /s/ dans les langues slaves :

français cœur < latin cor (avec le c prononcé k)

grec kardia

irlandais cride

anglais heart

allemand Herz

sanskrit hrd-, hrdaya

russe serdce

polonais serce

lituanien sirdis

C'est à l'occasion des déplacements des populations et des contacts avec des peuples parlant d'autres langues qu'a pu s'opérer la différenciation en diverses branches telle qu'on l'établit aujourd'hui :

langues romanes (français, italien, espagnol, portugais...)

langues germaniques (allemand, néerlandais, anglais, danois...)

langues slaves (russe, tchèque, croate, slovène, bulgare...)

langues baltes (lituanien, letton)

langues celtiques (irlandais, gallois, breton...)

langues helléniques (grec...)

langues albanaises

arménien

langues indo-iraniennes (sanskrit, hindi-ourdou, bengali, tsigane... et d'autre part persan, kurde...).

En contact avec les langues citées vivent aussi de nombreuses autres langues sur des territoires parfois réduits, comme le picard, le gascon ou le provençal en France, le vénitien, le frioulan ou le sarde en Italie, le catalan ou le galicien en Espagne...

Des milliers d'autres langues

Mais la diversité des langues du monde ne s'arrête pas aux langues indo-européennes. Ne serait-ce qu'en Europe, le finnois, le hongrois ou l'estonien sont de toute autre origine, tout comme le tchétchène ou le basque, pour lequel les diverses tentatives d'apparentement avec d'autres langues ont jusqu'ici échoué.

On a pu par ailleurs regrouper, dans la famille sémitique : l'arabe dont l'expansion hors de son lieu d'origine a été favorisée par le développement de l'Islam ; l'hébreu, langue de la Bible, qui connaît depuis un demi-siècle une sorte de résurrection en Israël ; l'araméen, qui était la langue de Jésus.

Proches des langues sémitiques, les langues chamitiques sont représentées par l'égyptien ancien ou les langues berbères, auxquelles on rattache, mais de façon beaucoup plus lointaine, les langues couchitiques, parlées dans la " corne de l'Afrique ". En dehors de ces langues, on trouve en Afrique plus d'un millier d'autres langues, dont plus de la moitié appartient au groupe bantou, comme par exemple le lingala, qui joue un rôle de langue véhiculaire commune entre des populations parlant diverses autres langues (en particulier au Congo et au Zaïre). Parmi ces langues, le zoulou mérite une mention spéciale car c'est la seule langue du monde qui compte dans sa prononciation des " clics ", qui sont des sortes de claquements de la langue ou des lèvres : un baiser sonore, dans la terminologie phonétique, est un " clic bilabial ".

Dans l'impossibilité de citer les centaines de langues africaines, signalons que, comme le lingala, certaines d'entre elles jouent le rôle de langues véhiculaires, par exemple le wolof (au Sénégal), le dioula (en Côte d'Ivoire), le haoussa (au Niger), le bambara (au Mali), le swahili (au Kénya, en Ouganda)...

En Asie, les langues se comptent aussi par centaines, mais le chinois est celle qui a le plus de locuteurs, avec des quantités de variétés différentes. Ce qui les relie toutes est leur écriture, qui est idéographique, c'est-à-dire que chaque caractère y représente le sens d'un mot et non pas, comme dans nos alphabets, sa forme phonique.

Le chinois est apparenté au tibétain, au birman et au thaï, mais le vietnamien ne se rattache à aucune autre langue de l'Asie du sud-est.

En japonais, on trouve des traits qui rapprochent cette langue du turc et du mongol, et d'autres traits qui évoquent celles du malais ou de l'indonésien. De son côté, le coréen, par certains de ses traits grammaticaux peut être rattaché au turco-mongol, mais ne peut l'être ni par son vocabulaire ni par sa prononciation.

Au sud de l'Inde et au nord du Sri Lanka (Ceylan) sont parlées des langues dravidiennes (tamoul, malayalam).

Il faut enfin signaler l'existence de multiples langues amérindiennes, parmi lesquelles le nahuatl (Mexique), le quechua et l'aymara (Pérou, Bolivie...), le tupi (Brésil), le guarani, langue nationale du Paraguay, l'iroquois ou le micmac (au Canada), le navaho ou le comanche (aux États-Unis)...

Sont à classer à part : l'indonésien, les langues mélanésiennes ( Wallis et Futuna, Nouvelle Calédonie) et les langues australiennes.

Enfin, donnons la place qui leur revient aux créoles, ces langues qui sont nées au XVIIème siècle dans les plantations, aux Antilles, en Guyane et dans les Mascareignes (Réunion, Maurice...) du contact de quelques langues européennes et des langues des populations importées d'Afrique. Au prix d'une simplification peut-être abusive, on peut dire que les créoles sont des langues jeunes, qui reposent sur des structures de langues africaines mais dont le vocabulaire est majoritairement européen (français, anglais, portugais, néerlandais).

Ce trop rapide tour d'horizon n'a pu donner qu'un très faible aperçu de la diversité des langues dont chacune apporte sa propre vision du monde : un patrimoine commun à découvrir sans appréhension.

 

          Voir aussi tranquillement...

           le Site Wikipédia http://fr.wikipedia.org/wiki/Langues_indo-europ%C3%A9ennes

 

 

                      TOUJOURS REVENIR VERS  HTTP://WWWLAVIE.OVER-BLOG.COM  POUR EN SAVOIR PLUS. 

 

Par R B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 21 avril 2005

En Afrique, LE SWAHILI (Une des dix/douze "Langues supercentrales" que ce monde compteest la plus répandue des langues bantoues.

Des estimations conservatrices indiquent qu'elle est la langue maternelle de plus de 70 millions de personnes, principalement au Kenya,
en Tanzanie, au Congo (Kinshasa) et en Ouganda.

En tant que principale langue marchante de l'Est africain, elle est également comprise par 25 à 50 millions de personnes.

Voir :

http://thot.cursus.edu/rubrique.asp?no=21415

 

 

.............................................................................................................................................

TOUJOURS REVENIR VERS TOUT  HTTP://WWWLAVIE.OVER-BLOG.COM  POUR EN SAVOIR PLUS !!

..............................................................................................................................................................

Par R B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 25 avril 2005

"On peut déjà se comprendre entre locuteurs de langues romanes"

Des confins au centre de la galaxie



Par Bernard Cassen




Les travaux du linguiste néerlandais Abram de Swaan (1), repris et complétés par ceux du Français Louis-Jean Calvet (2), proposent un modèle de fonctionnement du système linguistique mondial dit « gravitationnel » ou « galactique », dont le centre est occupé par l’anglais. Ce système n’est pas tombé du ciel : il est le résultat historique de logiques de pouvoir, de guerres, d’invasions, de migrations, de dominations coloniales, etc. Dans la période récente, il procède aussi de rapports de forces économiques et, surtout, idéologiques : la conquête des esprits est, à cet égard, plus déterminante que celle des territoires.

A la base, environ 6 000 langues,

dont 90 % (5400) sont parlées par moins de 5 % de la population mondiale, et que l’on appellera périphériques.

>On en compte 500 utilisées par moins de 100 personnes. A l’intérieur d’un même Etat, on peut parfois en dénombrer plusieurs centaines, le record étant détenu par la Papouasie-Nouvelle-Guinée (850), suivie de l’Indonésie (670), du Nigeria (410) et de l’Inde (380).<

Pour ne pas rester complètement isolée, une communauté linguistique périphérique peut se connecter horizontalement avec la voisine par des locuteurs bilingues, mais ce cas est rare : en général, les membres de ces groupes communiquent par l’intermédiaire d’une langue commune de niveau immédiatement supérieur – comme le quechua en Amérique du Sud ; le wolof, le lingala et le bambara en Afrique – que l’on caractérisera comme langue centrale.

Les langues centrales, autour desquelles gravitent entre une ou deux unités et plusieurs dizaines de langues périphériques, sont au nombre d’une centaine.

Ce sont les langues officielles ou nationales, celles de l’administration, de la justice, de l’écrit en général, celles aussi de la communication électronique. Toutes les langues européennes sont centrales pour les langues régionales et « minoritaires » d’un territoire national donné : le néerlandais pour le frison ; le finnois pour le saami ; le danois pour le féroien ; l’anglais pour le cornique, l’écossais, le gallois et l’irlandais ; le français pour l’alsacien, le basque, le breton, le corse, l’occitan.

Certaines de ces langues, tout en étant centrales à l’intérieur d’un Etat, sont cependant plus centrales que les autres, car également situées au cœur de constellations regroupant d’autres langues centrales « étrangères » : ce sont les langues dites supercentrales. Abram de Swaan en a identifié douze (dix?) : l’allemand, l’arabe, le chinois, l’anglais, l’espagnol, le français, l’hindi, le japonais, le malais, le portugais, le russe, le swahili.

 >Louis-Jean Calvet, pour sa part, considère que l’allemand et le japonais, faute d’avoir un nombre significatif d’autres langues en orbite autour d’eux, ne jouent pas ce rôle supercentral, bien que leur nombre de locuteurs dépasse les cent millions.<

Les langues supercentrales sont celles de la communication dans un espace régional ou international, lui-même parfois hérité de la colonisation (anglais, espagnol, français, portugais).

Mais quand un Chinois et un Russe se rencontrent – et sauf si chacun d’eux a été coopérant à Cuba, ce qui leur permettra de dialoguer en espagnol – les chances sont faibles que l’un des deux parle ou comprenne la langue de l’autre. Ils utiliseront alors vraisemblablement, s’ils la connaissent, la langue de connexion des langues supercentrales : l’anglais, langue hypercentrale.

 

On voit ainsi que, de la plus petite langue amérindienne ou africaine à l’anglais, il existe de multiples chaînes de locuteurs bilingues ou multilingues qui, aspirés vers le haut par paliers successifs, garantissent la communicabilité de la périphérie au centre.

Bernard Cassen.

 

 

TOUJOURS REVENIR VERS  HTTP://WWWLAVIE.OVER-BLOG.COM  POUR EN SAVOIR PLUS. 

 
 
 
 
 
 

 

Par R B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 1 mai 2005

On peut déjà se comprendre entre locuteurs de langues romanes

Un monde polyglotte pour échapper

à la dictature de l’anglais




.
"

 

Par Bernard Cassen




"

M. Alain Minc en avait rêvé, il s’en est fallu de peu que M. Claude Thélot réussisse à le faire. Dès 1989, le premier s’enthousiasmait à l’idée de « rendre l’enseignement de l’anglais obligatoire dès le primaire ; n’admettre le choix d’une autre première langue qu’une fois vérifiée la parfaite maîtrise de l’anglais ; renforcer les moyens pédagogiques ; faire de la connaissance de cette langue un préalable dans les études au même titre que les mathématiques ou l’orthographe (1)... » Quant au second, en tant que président de la commission du grand débat national sur l’avenir de l’école, il avait remis au ministre français de l’éducation nationale, M. François Fillon, un rapport dans lequel il préconisait l’apprentissage obligatoire de l’« anglais de communication internationale » dès le cours élémentaire 2e année, donc à l’âge de 8 ans (2). Prudent, le ministre a seulement retenu l’idée d’enseigner une langue vivante à partir du cours élémentaire 1re année. Dans la pratique, le résultat sera à peu près le même, tant la pression, notamment médiatique, est grande pour faire de l’anglais la seule langue de « communication internationale », sans que l’on sache exactement ce que cela signifie (3).

Faute d’une réflexion minimale sur l’articulation entre ces trois paramètres que sont la réalité et la prévision des véritables besoins langagiers de l’ensemble des citoyens (et non pas simplement des représentations que s’en font les associations de parents d’élèves), la géopolitique des langues et la géopolitique tout court, les rapports du type de la commission Thélot aboutissent à des conclusions dignes de propos de comptoir au Café du commerce. Proposer l’enseignement obligatoire de l’anglais, en France ou ailleurs dans l’Union européenne, est une affaire hautement politique, sans grand rapport avec des besoins de « communication », et n’a de sens qu’en fonction d’une vision de l’avenir de l’Europe et du monde, et singulièrement des rapports avec les Etats-Unis.

La puissance impériale américaine ne repose pas seulement sur des facteurs matériels (capacités militaires et scientifiques, production de biens et de services, contrôle des flux énergétiques et monétaires, etc.) : elle incorpore aussi et surtout la maîtrise des esprits, donc des référents et signes culturels, et tout particulièrement des signes linguistiques. La langue anglaise se situe ainsi au centre d’un système global où elle joue un rôle identique à celui du dollar dans le système monétaire international. Empruntant au lexique de l’astrophysique, ce système repose sur l’existence d’un astre suprême (l’anglais, langue dite « hypercentrale ») autour duquel gravitent une douzaine de langues-planètes, elles-mêmes entourées d’environ 200 langues-lunes, dans l’orbite desquelles évoluent quelque 6 000 autres langues (lire Des confins au centre de la galaxie). Tout comme le double statut de moyen de règlement et de monnaie de réserve internationale dominante du billet vert permet aux Etats-Unis de vivre aux crochets du reste de la planète, la détention de la langue hypercentrale leur confère une formidable rente de situation.

Une rente idéologique, d’abord, car elle incite la plupart des « élites » du monde entier, ce parti américain transfrontières, à faire allégeance à la langue des maîtres, aux concepts qu’elle exprime et à la vision du monde qu’elle véhicule (4). Et, comme le remarque M. Claude Hagège, professeur au Collège de France, « le prestige des élites industrielles et économiques conduit par snobisme – un ressort dont on ne parle pas suffisamment – les classes moyennes à les imiter, et donc à vouloir apprendre l’anglais (5 ». Il n’est pas certain que les « valeurs morales » sur lesquelles le président George W. Bush a bâti sa campagne et sa victoire servent longtemps de repoussoir à ces assoiffés du « modèle » américain.

La rente des pays anglophones est aussi économique : c’est aux autres pays de financer les coûts d’apprentissage et de traduction de (ou vers) l’anglais. L’enseignement de cette langue, en termes de méthodes, d’outils d’évaluation et de personnels, est devenu une véritable industrie et un poste d’exportation non négligeable pour les Etats-Unis et le Royaume-Uni. Quand la Commission européenne, au mépris du règlement linguistique de l’Union, ne publie certains programmes et appels d’offres communautaires qu’en anglais, et exige qu’il y soit répondu dans cette langue, elle favorise indûment les entreprises et les institutions des pays de langue anglaise et oblige les autres à acquitter des surcoûts de traduction pour concourir. Est-ce là la fameuse « concurrence libre et non faussée » à laquelle le projet de Constitution européenne fait constamment référence ?

Ces facteurs idéologiques et économiques se renforcent mutuellement et contribuent à la consolidation d’une unipolarité linguistique planétaire. Si elle se veut conséquente, la recherche d’un monde multipolaire doit avoir pour corollaire celle d’un ordre linguistique lui aussi multipolaire. Elle implique de ne laisser ni symboliquement ni matériellement à l’anglais le monopole de l’hypercentralité.

La réponse, au moins partielle, réside dans la prise en compte du concept de « familles linguistiques », et dans l’apprentissage de l’intercompréhension au sein de ces familles (lire Esprit de famille), en particulier de celle qui regroupe les langues romanes. Dans cette optique, ces dernières pourraient être considérées comme une seule et unique langue en termes d’apprentissage.

Ce n’est pas là une vue de l’esprit : des méthodes existent, qui demandent seulement à être développées. Un tel regroupement repose sur une masse critique internationale : à elles seules, les langues romanes sont officielles dans 60 pays : 30 pour le français, 20 pour l’espagnol, 7 pour le portugais, 2 pour l’italien (Italie et Suisse) et 1 pour le roumain. Ajoutons Andorre pour le catalan... L’anglais, lui, n’est langue officielle que dans 45 pays, et l’arabe dans 25.

Avec le chinois, trois blocs comparables

En termes démographiques, des projections à l’horizon 2025 donnent 1 561 millions de Chinois, 1 048 millions de ressortissants de pays anglophones, 484 millions d’hispanophones, 285 millions de lusophones et 506 millions de francophones (ce dernier chiffre appelant cependant des réserves, car les habitants d’un Etat officiellement francophone sont loin de tous parler le français, de même que, par exemple, au Nigeria, officiellement anglophone, seule une petite minorité est capable de s’exprimer en anglais) (6). Ces précautions prises, qui ne modifient pas les ordres de grandeur, il apparaît que, avec l’Italie et la Roumanie, les « romanophones » susceptibles de se comprendre entre eux représenteront plus de 1,3 milliard de locuteurs dans une vingtaine d’années. Ce sont donc trois blocs d’importance comparable (anglais, chinois, langues romanes), et, à terme, l’arabe, (448 millions de locuteurs prévus en 2025), qui ont une égale vocation à incarner une hypercentralité linguistique au niveau mondial. Figer cette dernière dans le seul anglais n’est pas faire preuve d’une grande capacité d’anticipation.

Si des Etats de langues romanes prenaient la décision de promouvoir ensemble dans leurs systèmes éducatifs respectifs des méthodes d’apprentissage de l’intercompréhension, ces langues pourraient conjointement acquérir un statut mondial de cohypercentralité avec l’anglais. Quant au chinois, deuxième candidat à ce statut, les choses sont déjà en marche. M. Joël Bel Lassen, inspecteur général de cette discipline, indique que, « dans une douzaine d’années, 100 millions de touristes chinois vont parcourir le monde. En Asie, le chinois est devenu la langue véhiculaire. Quand des Japonais et des Coréens négocient, ils utilisent maintenant l’anglais et le mandarin. En Corée, le chinois est devenu incontournable. Il a acquis une dimension pratique, à la manière de l’anglais (7 ». Qui pourrait en effet penser sérieusement que plus d’un milliard et demi de Chinois, même dans les filiales d’entreprises transnationales, vont dialoguer dans une langue de « communication internationale » autre que la leur ?

Puisque tous les fantasmes se focalisent sur l’anglais de « communication internationale », parlons-en. On en connaît seulement le périmètre dans des communautés professionnelles au lexique bien délimité : celle des pilotes de bateaux, le Seaspeak, désormais remplacé par les Standard Marine Communication Phrases (SMCP), élaborées à partir de l’anglais par des locuteurs de plusieurs autres langues ; l’Airspeak, utilisé par les équipages des avions et les contrôleurs aériens ; l’anglais de spécialité, partagé par les « collèges invisibles » des chercheurs de différentes disciplines ; celui de l’hôtellerie, des diverses branches du droit, de la finance, etc. Ce n’est de toute évidence pas ces langues-là qu’il est question d’enseigner à l’école primaire, d’autant qu’elles peuvent s’apprendre ultérieurement sur le tas si le besoin s’en fait sentir.

Alors quelle langue ? Les rudiments de la grammaire et le lexique de la vie quotidienne ? Il faudrait dès lors définir un « paquet » pédagogique et se doter des outils didactiques adéquats. Un tel « paquet » n’aurait nullement besoin d’être enseigné de l’école primaire à la terminale. Quatre à cinq années d’études, placées à un moment quelconque de la scolarité, devraient largement suffire.

En attendant, et dans les structures existantes, ne pas insulter l’avenir consiste, en Europe, à enseigner non pas une, mais deux langues étrangères à l’école primaire (8). C’est d’ailleurs ce qu’avait décidé le Conseil européen de Barcelone des 15 et 16 mars 2002, sans cependant indiquer que l’anglais devrait être l’une d’entre elles.

Si l’on croit à la nécessité du pluralisme linguistique en Europe, bien des raisons militent, au contraire, pour que l’on y enseigne toutes les langues (y compris régionales et asiatiques) ou familles de langues, sauf précisément l’anglais : il y aura tout le temps de l’apprendre ensuite comme troisième langue, le cas échéant de manière accélérée, si le « paquet » évoqué plus haut est élaboré. Que l’on cesse de dire aux Européens qu’ils ne peuvent communiquer entre eux qu’en anglais. Au sein de l’Union européenne, on compte 174 millions de locuteurs de langues romanes, contre moins de 70 millions d’anglophones de naissance.

Comme le dit Umberto Eco, « une Europe de polyglottes n’est pas une Europe de personnes qui parlent couramment de nombreuses langues, mais, dans le meilleur des cas, de personnes qui peuvent se rencontrer en parlant chacune sa propre langue et en comprenant celle de l’autre, sans pour autant être capable de la parler couramment (9 ». Introduire l’intercompréhension des langues romanes dès le primaire, c’est d’emblée donner aux enfants le plaisir d’accéder à la compréhension de deux ou trois autres langues d’Europe.

La fausse modernité des « Gallo-Ricains »

A cet égard, le Conseil de l’Europe a élaboré des outils précieux, notamment le Cadre européen commun de référence pour les langues (10), qui propose une échelle en six niveaux et reconnaît comme parfaitement légitime la possibilité, pour un apprenant, de posséder des niveaux de compétence très différents dans les capacités de compréhension ou d’expression dans une même langue. Il faudrait en tirer toutes les conséquences pédagogiques, et elles sont révolutionnaires, car les enseignants considèrent actuellement que leur vocation, comme le prescrivent les programmes, est de faire acquérir toutes les compétences à la fois (production écrite et orale, compréhension écrite et orale), ce qui relève de la mission impossible.

Les résistances prévisibles des enseignants de langues à des objectifs limités, pour partie, à l’intercompréhension pourront être surmontées si, en tant que citoyens, ils sont parties prenantes d’un débat à la fois planétaire, européen et national. Un débat géopolitique et culturel. Une vraie « Grande Querelle » de début de siècle, digne de celle des Anciens et des Modernes, mais où la modernité ne se situe pas là où le croient les « Gallo-Ricains (11) ».

Pour en savoir plus

-  Claire Blanche-Benveniste et André Valli (coordination), L’Intercompréhension : le cas des langues romanes, Le Français dans le monde éd., coll. « Recherches et applications », janvier 1997 (27, rue de la Glacière, 75013 Paris).

-  Claire Blanche-Benveniste (sous la dir. de), avec Raffaele Simone, Antonia Mota, Isabel Uzcanga, Apprentissage simultané de quatre langues romanes : portugues, español, italiano, français (un volume et un cédérom), Nuova Italia, Florence, 1998.

-  Eric Castagne, « Intercompréhension et inférences : de l’expérience Eurom4 (langues romanes) au projet ICE (langues germaniques) », actes du colloque « Pour une modélisation de l’apprentissage simultané de plusieurs langues apparentées ou voisines », Publications de la faculté des lettres, Nice, décembre 2001.

-  Actes du colloque international Eurosem, Premières Journées de l’intercompréhension européenne « Intercompréhension et inférences ».

-  Paul Teyssier, Comprendre les langues romanes. Méthode d’intercompréhension, Chandeigne, Paris, 2004.

-  Intercompréhension européenne et plurilinguisme : propositions pour quelques aménagements linguistiques favorisant la communication plurilingue, Shaker-Verlag, série « Editiones EuroCom », Aix-la-Chapelle, 2004.

-  Hermès, « Francophonie et mondialisation », n° 40, CNRS éditions, Paris, 2004, 25 euros.

Bernard Cassen. - Le Monde Diplomatique
 
Lire aussi dans ce Blog :
RICHESSE LINGUISTIQUE 
 
 
 
TOUJOURS REVENIR VERS  HTTP://WWWLAVIE.OVER-BLOG.COM  POUR EN SAVOIR
PLUS.
Par R B*
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Jeudi 14 septembre 2006

http://www.bbc.co.uk/portuguese/ciencia/story/2004/02/040216_linguasmarianacg.shtml

 

[...] Outro exemplo são tribos na África e na Amazônia. Segundo os cientistas, com a extinção de línguas menores, atividades econômicas poderão ficar comprometidas porque esses povos têm um conhecimento da região que está associado ao nome que dão a plantas, rituais e animais.

Par R.B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Dimanche 17 décembre 2006

http://www.oulala.net/Portail/article.php3?id_article=1288  [ Article intégral ]

 

[...] A l’origine, l’arabe était la langue des populations de la péninsule Arabique. Aujourd’hui elle est parlée et écrite par plus de 250 millions d’habitants répartis sur une vaste aire géographique avec des ramifications dans presque tous les pays du monde. L’arabe est une langue internationale, une langue vivante millénaire qui progresse et qui évolue avec son temps. [...]

Par R.B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Mardi 26 décembre 2006

 

Já ninguém se recorda de Deus no Natal. Há tanto estrondo de corneta e fogos de artifício, tantas guirlandas de focos de cores, tantos perus inocentes degolados e tantas angústias de dinheiro que ultrapassam nossos recursos reais que podemos nos perguntar se a alguém resta um instante para perceber que semelhante alvoroço é para celebrar o aniversário de uma criança que nasceu há 2000 anos numa estrebaria de miséria, a pouca distância de onde havia nascido, uns mil anos antes, o rei David. Novecentos e cinquenta e quatro milhões de cristãos crêem que essa criança era Deus encarnado, mas muitos celebram-no se na realidade não o acreditassem. Celembram-no além disso muitos milhões que nunca o acreditaram, mas agrada-lhes a pândega, e muitos outros estariam dispostos a virar o mundo do avesso para que ninguém continuasse a acreditar. Seria interessante averiguar quantos deles crêem também, no fundo da sua alma, que o Natal de agora é uma festa abominável, e não se atrevem a dize-lo por um preconceito que já não é religioso e sim social.

Quadro de Henri Rousseau, 1844-1910. O mais grave de tudo é o desastre cultural que estes Natais pervertidos estão a causar na América Latina. Antes, quando só tínhamos costumes herdados da Espanha, os presépios domésticos eram prodígios de imaginação familiar. A criança Deus era maior que o boi, as casinhas encarapitadas nas colinas eram maiores que a virgem, e ninguém dava atenção a anacronismos: a paisagem de Belém era completada com um comboio de corda, com um pato de pelúcia maior que um leão que nadava no espelho da sala, ou com um agente de trânsito que dirigia um rebanho de cordeiros numa esquina de Jerusalém. Acima de tudo punha-se uma estrela de papel dourado com uma lâmpada no centro, e um raio de seda amarela que deveria indicar aos Reis Magos o caminho da salvação. O resultado era antes feio, mas parecia connosco, e naturalmente era melhor do que tantos quadros primitivos mal copiados do aduaneiro Rousseau.

A mistificação começou com o costume de que os brinquedos não fossem trazidos pelos Reis Magos – como sucede em Espanha com toda a razão – e sim pela criança Deus. Nós crianças deitávamo-nos mais cedo para que as prendas chegassem logo, e éramos felizes ouvindo as mentiras poéticas dos adultos. Entretanto, eu não tinha mais de cinco anos quando alguém na minha casa decidiu que já era tempo de revelar-me a verdade. Foi uma desilusão não só porque eu acreditava deveras que era a criança Deus que trazia os brinquedos, como também porque teria querido continuar a acreditar. Além disso, por pura lógica de adulto, pensei então que os outros mistérios católicos também eram inventados pelos pais para entreter as crianças, e fiquei-me no limbo. Aquele dia – como diziam os mestres jesuítas na escola primária – perdi a inocência, pois descobri que tão pouco as crianças eram trazidas de Paris pelas cegonhas, o que é algo que ainda gostaria de continuar a acreditar para pensar mais no amor e menos na pílula.

Tudo isto mudou nos últimos trinta anos, mediante uma operação comercial de proporções mundiais que é ao mesmo tempo uma devastadora agressão cultural. A criança Deus foi destronada pelo Santa Claus dos gringos e dos ingleses, que é o mesmo Papá Noel dos franceses, aos quais todos conhecemos demasiado. Chegou-nos com tudo: o trenó puxado por um alce, e o abeto carregado de brinquedos sob uma fantástica tempestade de neve. Na realidade, este usurpador com nariz de cervejeiro não é outro senão o bom São Nicolau, um santo ao qual quero muito é o do meu avô coronel, mas que nada tem a ver com o Natal, e muito menos com Noite Boa tropical da América Latina. Segundo a lenda nórdica, São Nicolau reconstruiu e reviveu vários escolares que um urso havia despedaçado na neve, e por isso proclamaram-no patrono das crianças. Mas a sua festa celebra-se em 6 de Dezembro e não a 25. A lenda tornou-se institucional nas províncias germânicas do norte em final do século XVIII, junto à árvore dos brinquedos, e há pouco mais de cem anos passou à Grã-Bretanha e à França. A seguir passou aos Estados Unidos, e estes enviaram-na para a América Latina, com toda uma cultura de contrabando: a neve artificial, as velas de cores, o peru recheado e estes quinze dias de consumismo frenético ao qual poucos de nós se atrevem a escapar. Contudo, talvez o mais sinistro destes Natais de consumo seja a estética miserável que trouxeram consigo: esses cartões postais indigentes, esses cordões de luzinhas de cores, esses sininhos de vidro, essas coroas de visco penduradas no umbral, essas canções de atrasados mentais que são os cânticos traduzidos do inglês; e tantas outras estupidezes gloriosas para as quais nem sequer valia a pena haver inventado a electricidade.

Tudo isso, em torno da festa mais espantosa do ano. Uma noite infernal em que as crianças não podem dormir com a casa cheia de bêbados que se enganam de porta à procura de onde desaguar, ou a perseguir a esposa de outro que por acaso teve a boa sorte de cair adormecido na sala. Mentira: não é uma noite de paz e amor, e sim todo o contrário. É a ocasião solene da gente que não se quer. A oportunidade providencial de cumprir os compromissos adiados por indesejáveis: o convite ao pobre cego que ninguém convida, à prima Isabel que ficou viúva há quinze anos, à avó paralítica que ninguém se atreve a mostrar. É a alegria por decreto, o carinho por lástima, o momento de presentear porque nos presenteiam, e de chorar em público sem dar explicações. É a hora feliz de os convidados beberem tudo o que sobrou do Natal anterior: o creme de menta, o licor de chocolate, o vinho de banana. Não é raro, como sucede amiúde, que a festa termine a tiros. Nem é raro tão pouco que as crianças – ao verem tantas coisas atrozes – acabem por crer realmente o menino Jesus não nasceu em Belém e sim nos Estados Unidos.

O original encontra-se em http://bolivia.indymedia.org/es/2006/12/38003.shtml  [ em espanhol ]

Este artigo encontra-se em http://resistir.info/ .

 

Par R.B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Lundi 1 janvier 2007

 

je sais les parole de tes mains, elles dessinent sur le vent le langage commun.

 

 

Je lis le cri de tes rides, tu les énumères en souriant.

 

 

Périple des nuits périples des jours, je m’associes aux kilomètres de ta route,

sachant nos ombres angoissées portées par le même espoir.

 

 

Soleil du matin Labeur du jour relatif calme du soir

 

 

Nuit ou tout voyageur est bienvenu avec bagages et tonnes d’histoires.

 

 

 

 

dimanche 31 décembre 2006 : 00H00

Bonne Année 2007 !!!

 

 

 

 

 

 

 

Par R.B
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires - Recommander
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus