MARCHANDISATION DE LA NATURE

Publié le par R.B

http://www.monde-solidaire.org/spip/article.php3?id_article=1550

 

 

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MARCHANDISATION DE LA NATURE

(...) C’est le stade ultime de l’instrumentalisation, de l’aliénation, de la soumission de la Nature à l’Homme.

Il l’a dépouillé du caractère un peu mystique et poétique qu’il lui avait jadis donné. Il l’a réduite, à un système d’équation (les lois de la physique), non pas dans un souci de l’avilir, mais de la comprendre... et enfin de l’utiliser. Doté de cette connaissance il est persuadé d’en avoir, à terme, la maîtrise, avilissant ainsi la connaissance en la mettant au service de la marchandise.

Au stade de la marchandisation l’homme va au-delà de la simple instrumentalisation technique de la Nature... il ne la soumet même plus au besoin de la collectivité, il l’a soumet à une entité nouvelle : le marché.

Et là s’opère une extraordinaire mutation puisque le marché est déclaré... naturel ( ?) ce qui est le comble du cynisme.

Le développement de la puissance productrice de l’Homme s’est accompagné d’un développement aussi important des nuisances induites. Celui-ci comptait sur celle là pour les recycler et en éliminer les « dommages collatéraux »... comme il en avait été ainsi dans le passé... mais les forces productives avaient atteint un tel niveau de développement que... le calcul était faux.

Sa puissance de nuisance a dépassé les capacités de recyclage de la Nature. A trop la dominer, il l’étouffe, et par la même s’asphyxie ! Car la logique de production, et donc d’exploitation de la Nature qu’il a mis en place, ne connaît pas de limites, ni techniques, ni éthiques.

Mais il y a encore plus cynique que de faire croire que « le marché c’est naturel », c’est de faire croire qu’il y a compatibilité entre les lois du marché et la préservation de l’environnement.

Le « développement durable », ce concept, pur produit idéologique d’un système en manque de justification, et de plus en plus sur le banc des accusés, est entrain de polluer la prise de conscience naissante.

En effet, on assiste aujourd’hui à un renversement de la démarche de l’Homme envers la Nature. Sa connaissance lui dit qu’elle l’a conduit au bord de la faillite de son entreprise. Les excès engendrés par les conditions marchandes de production et de consommation menacent, à terme, la vie sur la planète.

La Nature, in fine,et au seuil de l’agonie, se rappelle à l’Homme dans des termes qu’il connaît et qui lui font peur...la Mort. La dialectique de la Vie et de la Mort, passé par « pertes et profit », au profit, c’est le cas de le dire, d’une existence où tout est tarifé nous est rappelée alors que le système nous promettait l’abondance et le « bien être »...

Le rapport marchand créateur de Mort nous signifie clairement que la vie qu’il nous propose, qu’il nous impose, est bien une « non-vie »... au sens qu’il n’est pas capable d’assurer, sur le plan social on savait, mais y compris sur le plan de l’environnement, la préservation de la planète.

Aux delà des discours démagogiques et pseudo écologistes des petits et grands spéculateurs de la pensée politicienne,

il va bien falloir un jour poser les vrais problèmes... et montrer que l’on peut vivre autrement : produire non pas pour l’accumulation du profit, mais les besoins [ ! ] consommer pour satisfaire des besoins et non pour permettre au capital de se valoriser...

Il n’y va plus simplement de notre crédibilité en tant que créature intelligente... ou d’un quelconque choix idéologique... il y va tout simplement de notre vie. et/ou de celles et ceux qui viendront après nous.

Patrick MIGNARD

 

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Publié dans THÉORIE - PRAXIS

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