>> La révolution tunisienne et l'onde de choc qu'elle a causée dans les pays arabes.

Publié le par R.B, BR, ou RBBR selon l'état des Forces Réelles

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Lettre de Tunisie

La semaine qui a fait tomber Ben Ali

par Olivier Piot

Dès le 4 janvier 2010, jour de la mort du jeune Mohamed Bouazizi, qui s'est immolé par le feu le 17 décembre 2010 à Sidi Bouzid, « Le Monde diplomatique » a décidé d'envoyer un journaliste en Tunisie. Du jeudi 6 janvier au jeudi 13 janvier, il a sillonné le pays, de Tunis à Tozeur, de Metlaoui à Gafsa, de Sidi Bouzid à Sfax puis Sousse. Son article paraîtra dans notre dossier du numéro de février, consacré aux ressorts de la révolution tunisienne et à l'onde de choc qu'elle a causée dans les pays arabes. En attendant, voici le récit au jour le jour d'une semaine qui est d'ores et déjà entrée dans l'histoire moderne de la Tunisie.

I. La montée de la colère sociale

Jeudi 6 janvier

Tunis, silence des médias

10 h 15, aéroport de Tunis-Carthage. Enregistrement comme « touriste » avec la profession déclarée d'« enseignant ». La police des frontières ne fait aucune difficulté. Destination demandée : « Tozeur, hôtel Ksar El Jerid », au coeur de la grande cité touristique située à 600 kilomètres de Tunis, au sud-est du pays, tout près de la frontière algérienne. La veille, mercredi 5 janvier, le corps de Mohamed Bouazizi, ce jeune bachelier qui s'est immolé par le feu le 17 décembre 2010, a été enterré au nord de la ville de Sidi Bouzid, au centre du pays, à 250 kilomètres au sud de Tunis, en présence d'une foule agitée et révoltée de six mille personnes.

Son nom et les circonstances de sa mort sont ici connus de tous. Giflé en public par un agent de police qui lui a confisqué sa charrette de vendeur ambulant de fruits et légumes, Mohamed Bouazizi s'est rendu au siège de la municipalité pour porter plainte. On refuse de le recevoir. Personne ne veut l'écouter. Le jeune homme part, puis revient devant le bâtiment pour s'asperger d'essence et s'immoler en place publique. Transferts aux hôpitaux de Gafsa puis de Tunis. Le 28 décembre 2010, une photo de propagande officielle présentant le président Ben Ali à son chevet d'hôpital commence à faire le tour des journaux et des sites Internet. Le président a pris pour la première fois la parole à la télévision, parlant d'« instrumentalisation politique » de l'événement. Le 4 janvier, Bouazizi décède à l'hôpital des suites de ses blessures.

Deux jours plus tard, jeudi 6 janvier, personne ne se doute encore que l'acte désespéré de ce jeune homme de 26 ans va servir de déclencheur à la plus grande révolte populaire de l'histoire moderne de la Tunisie. Pour l'heure, le centre de Tunis est calme et serein, la température douce (20°) et des cohortes de touristes en profitent pour prendre un avant-goût du printemps. Des bus de tour-opérateurs s'apprêtent à les déverser vers La Marsa, Carthage, ou à prendre l'autoroute qui mène à Hammamet, Sousse et Monastir, les grandes cités balnéaires de la côte sahélienne.

Fin de matinée, un kiosque à journaux au coin de la longue et célèbre avenue Bourguiba. Aucun des cinq titres en langue française - Le Temps, La Presse, Le Renouveau, Le Quotidien et Tunis l'Hebdo - ne traite ni de l'histoire de Mohamed Bouazizi, ni des premiers soulèvements qui se sont multipliés entre le 19 et le 24 décembre dans les villes voisines de Sidi Bouzid. Les « Unes » des quatre journaux, comme celles de ceux en langue arabe, sont invariablement consacrées aux mesures d'application du programme de « développement régional » décidé le 15 décembre 2010 par le président Ben Ali (...)

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