>> LE CRI DU PEUPLE... tu connais ?... C'EST P-A-R-T-O-U-T !!

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Samedi 30 avril 2011 6 30 /04 /Avr /2011 00:14

par Patrice Etoundi Mballa

 

Par conséquent, il suffit d’évacuer les causes, pour qu’il n’y ait plus d’effets. « Sublata causa, tollitur effectus » (En enlevant la cause, on supprime l’effet). C’est en partant de ce principe fondamental, nous dit-on, que Pasteur a découvert qu’aucune maladie n’est une génération spontanée, mais, qu’il y a toujours, à l’origine, un microbe ou un virus qui en est la cause… En tout cas, les Européens font sourire en coin, lorsqu’ils tentent d’expliquer la flambée que connaît actuellement le prix du carburant, en évitant de reconnaître que l’une des principales causes en est, tout simplement, le bordel qu’ils favorisent, en ce moment, en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, où certains pays, grands producteurs de pétrole, - la Libye, notamment - voient, depuis des mois, leurs activités presque complètement arrêtées. Du reste, ce n’est pas seulement le prix du carburant qui va continuer de grimper. Des dégâts collatéraux importants vont découler de ces « structures de péché », gratuitement mises en place par les « croisés » du Nord. Et ceux qui vont en souffrir le plus sont connus à l’avance.


 

Il y a, d’abord, ces Tunisiens, qui ne savent plus à quelle île de Lampedusa débarquer, avant de tenter leur chance dans cette Europe dont on dit qu’elle est riche. Beaucoup d’entre eux travaillaient et gagnaient bien leur vie dans la Libye de Kadhafi. Leur propre pays ne peut, d’aucune manière, leur offrir les mêmes avantages. Que faire maintenant ? Aucune réponse…

 

La même tragédie pour des millions d’Egyptiens pour qui, grâce aux très bons emplois qu’ils y occupaient, la Libye de Kadhafi était une sorte de « Terre Promise ». Ces Egyptiens que la guerre libyenne a « déflattés » risquent de souffrir plus durement encore, dans la mesure où l’Egypte, très peuplée, mais, n’ayant comme sources importantes de devises que son « petit » Canal de Suez et ses « petites » Pyramides, n’a pas les moyens d’occuper utilement ces nouveaux chômeurs. Ne vous étonnez donc pas de compter, en grand nombre, dans les rangs de ceux qui manifestent à nouveau sur la place de Tahrir, les Egyptiens qui ont dû fuir la Libye.

 

Les Libyens eux-mêmes vont également en souffrir. Maintenant que leur Pays est mis à feu et à sang, la plupart des avantages sociaux dont ils bénéficiaient, sans délier la moindre bourse, ne seront plus à leur portée. Beaucoup d’Etats africains et d’Africains, pour qui le régime de Kadhafi comptait énormément, en prendront également un gros coup.


 

Toutefois, les « croisés » du Nord auraient tort de penser que les malheurs libyens ne pourront arriver qu’aux autres. Beaucoup d’entre eux vont aussi abondamment trinquer. Regardez l’Espagne. A cause de l’onde de choc libyenne, le carburant se fait tellement rare et cher qu’on est obligé d’imposer aux automobilistes de limiter leur vitesse à 11O/Km à l’heure. Dans le reste de l’Europe, ce n’est pas, non plus, la grande sérénité, même si une belle hypocrisie collective pousse les gens à ne pas dire la vérité. En tout cas, c’est sûr, la guerre libyenne va en emporter plus d’un… A Rome, une fois descendus dans l’arène, les gladiateurs criaient, à la gloire de l’Empereur : « O César, ceux qui vont mourir te saluent ! »… Parodions les gladiateurs et disons aux « croisés » des temps modernes : « O justiciers autoproclamés, ceux qui vont souffrir vous saluent ! »…

 

Patrice Etoundi Mballa

 

Quotidien LE JOUR

Publié dans : LES EDITOS
 
 
 
 
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