Salut Frères ! Les négriers sont encore là !
jeunes correspondants de l'Huma
Capitalisme Nouveaux négriers
Fait historique en France, le président Chirac a arrêté la date du 10 mai en commémoration de l’esclavage ; mieux vaut tard que jamais.
Mais, dans les conditions sociales de notre pays, on ne peut pas s’empêcher de faire l’analogie - en prenant évidemment en compte les différences de périodes et de contextes historiques - entre cet esclavage historique et un esclavage moderne qui pointe à l’horizon.
Un esclave est, par définition, un être humain de condition non libre et sous la puissance absolue de quelqu’un. Par cette définition, on comprend que l’idée même d’esclavage est encore tout à fait actuelle.
Le modèle libéral qui se met en place depuis des décennies dans nos sociétés modernes est l’aliénation de peuples entiers au profit de quelques-uns. De là
est née la précarisation croissante de l’emploi, maillon indispensable à la production et qu’il faut à tout prix brider, pour soutenir le capital et ces nouveaux « négriers » : les actionnaires.
Le racisme historique envers les Noirs s’est transformé, dans notre société libérale, en une dévaluation constante du sans-emploi, qui n’a logiquement pas sa place, dans un modèle basé sur une élévation sociale passant uniquement par l’emploi occupé.
Alors, quand nous entendons Chirac, à la direction de son armée libérale,
clamer une commémoration de l’esclavage historique, sur quoi nous sommes tous d’accord, on ne doit pas oublier l’esclavage moderne vers lequel tendent
nos sociétés.
Les néolibéraux ne doivent pas, par l’utilisation d’un événement historique,
éluder cette nouvelle forme de l’esclavage qu’ils préparent méthodiquement.
Nicolas Séné
demandeur d’emploi. Toulouse (Haute-Garonne).