*MIEUX QUE PRÉVU* !!!!!!!!!!!!!!!!!! [ LUNDI 1 HEURE DU MATŽ;-)*
Le tsunami "bleu" n'a pas eu lieu. Nicolas Sarkozy a obtenu une majorité claire de quelque 340 députés dimanche au second tour des élections législatives, mais le scrutin a été marqué par un sursaut de la gauche qui sauve les meubles.
Evénement de la soirée: Alain Juppé a été battu à Bordeaux et a immédiatement annoncé sa démission du gouvernement, en application de la règle imposée par Nicolas Sarkozy et François Fillon aux ministres battus.
Avec 343 députés pour l'UMP et ses alliés, selon une estimation Ipsos à 22h28, Nicolas Sarkozy disposera finalement d'une majorité inférieure à celle de 2002 (365 sièges) pour mettre en oeuvre son projet. La majorité absolue est de 289 sièges. L'UMP aura à elle seule 319 députés. Avec 19 à 22 députés, ses alliés du Nouveau centre devraient pouvoir constituer un groupe au Palais Bourbon.
Dans une déclaration depuis l'Hôtel Matignon, François Fillon a salué un "choix clair et cohérent, qui permet au président de la République de mettre en oeuvre son projet". "Aujourd'hui, la France s'est dotée d'une majorité pour agir", a estimé le Premier ministre. Il a jugé dans le même temps que la victoire de l'UMP "confirme" la "volonté d'ouverture" de Nicolas Sarkozy et "valide un projet pour moderniser résolument la France".
Nicolas Sarkozy, qui a suivi la soirée électorale depuis la résidence de la Lanterne à Versailles, ne s'est pas exprimé. Le chef de l'Etat a un problème à régler: la défaite-surprise d'Alain Juppé, battu dans la 2e circonscription de la Gironde par la socialiste Michèle Delaunay, va l'obliger à un remaniement du gouvernement plus large que prévu.
Alain Juppé a immédiatement tiré les conséquences de sa défaite. "Je présenterai dès (lundi) matin au président de la République et au Premier ministre ma démission de mes fonctions de ministre de l'Ecologie, du Développement et de l'Aménagement durables", a-t-il annoncé dans une déclaration depuis sa mairie de Bordeaux.
Le chef de l'Etat devrait reconduire dès lundi François Fillon dans ses fonctions de Premier ministre, avant le remaniement gouvernemental qui devrait intervenir mardi. Une petite dizaine de secrétaires d'Etat devraient rejoindre le gouvernement.
Les responsables de l'UMP essayaient dimanche soir de faire bonne figure malgré cette victoire moins large que prévu. "On n'est pas avec une majorité ric-rac. On est avec une belle majorité", a jugé le ministre du Travail Xavier Bertrand.
La surprise de ce scrutin est venue de la résistance de la gauche, dont l'électorat s'est remobilisé pour ce second tour. Avec 206 à 212 députés en comptant les radicaux de gauche et les chevènementistes, le PS va pouvoir constituer un groupe plus important que sous la législature précédente (149 députés), et se faire entendre à l'Assemblée contre les projets du gouvernement Fillon. Le slogan de campagne socialiste contre le projet de TVA sociale du gouvernement, qui a dominé la campagne de l'entre-deux tours, a manifestement été entendu par l'électorat de gauche.
Les responsables socialistes pouvaient sourire dimanche soir. "La dynamique de l'élection présidentielle s'est prolongée", a estimé Ségolène Royal. "La France marchera sur ses deux jambes", s'est réjoui François Hollande.
Mais les socialistes avaient la tête tournée vers leur refondation promise pour cet après-législatives. "Le travail commencé doit être poursuivi" et "enrichi", a plaidé Ségolène Royal, qui ambitionne de prendre la direction du parti.
Les communistes limitent eux aussi les dégâts. Crédités de 18 à 19 sièges, ils pourraient conserver leur groupe à l'Assemblée nationale avec l'aide de quelques députés divers gauche. "Nous aurons la quatrième force à l'Assemblée nationale", s'est félicitée Marie-George Buffet, réélue elle-même en Seine-Saint-Denis. Les Verts disposeront de quatre députés.
Réélu dans les Pyrénées-Atlantiques, François Bayrou aura lui aussi quatre députés pour son Mouvement démocrate (MoDem). Victime de la bipolarisation et du mode de scrutin majoritaire, le MoDem n'avait pu se maintenir que dans six circonscriptions. M. Bayrou y a vu un "résultat prometteur" pour l'avenir du nouveau parti centriste.
Le Front national restera en revanche dehors de l'Assemblée. Seule candidate frontiste au second tour, Marine Le Pen a été battue dans la 14e circonscription du Pas-de-Calais par le socialiste Albert Facon.
Visiblement convaincus que l'essentiel était joué, les Français ont de nouveau boudé les urnes dimanche. Le taux d'abstention au second tour des législatives s'est situé à 39,23%, au même niveau qu'au premier tour dimanche dernier. Le record des législatives de 2002, 39,69% au second tour, est presque égalé.