*Jean Ferrat - *LE BILAN* - 1980 * "C'EST UN AUTRE AVENIR QU'IL FAUT QU'ON RÉINVENTE !!"
lundi 18 juin 2007 :
Ressac du tsunami bleu : un groupe communiste à l’Assemblée Nationale
Dix-neuf députés communistes ou apparentés, alors que depuis une semaine les media nous serinaient le délitement du PCF et les pires résultats électoraux, c’est une excellente nouvelle !
Selon les bruits qui courent, les croque-morts qui hantaient la place du Colonel Fabien sont repartis la queue entre les jambes…
La possibilité, avec les élus des Verts, de constituer un groupe est une bonne chose, pas uniquement pour des raisons matérielles, mais aussi pour des motifs politiques : l’existence d’un groupe à l’AN, c’est la possibilité de poser des questions au gouvernement, de déposer des propositions de lois,… c’est donc la faculté de disposer d’une tribune, d’un outil plus efficace pour résister à l’Etat UMP, d’un point d’appui pour les luttes, pour construire des propositions alternatives.
A ceux qui s’étonnent de cette éventualité (certes, les désaccords ne manquent pas, les contentieux non plus...) rappelons que le groupe Communiste Républicain et Citoyen au Sénat est constitué d’élus du PCF et du MDC de Chevènement : malgré les divergences incontestables, on ne peut pas parler d’affadissement dans les positions défendues par les sénateurs communistes…
On pourrait également citer le groupe « Gauche Unitaire Européenne – Gauche Verte Nordique » présidé par notre camarade Francis Wurtz où la diversité (du Sinn Féin au PCF en passant par le Linkspartei.PDS ou Rifondazione Comunista et tant d’autres…) ne nuit pas aux convergences essentielles ni ne conduit à de quelconques renoncements.
Un groupe communiste est aussi un levier pour s’opposer à ce que le débat au Parlement n’existe que dans le cadre d’un bipartisme à la mode nord-américaine.
Remarquons également qu’il n’est pas indifférent d’avoir minoré la victoire des élus UMP qui souhaitaient une adoption du TCE par voie parlementaire, lequel requiert une majorité des 2/3…
D’une façon générale, il est à noter que les candidats PCF et apparentés réélus, y compris jugés en situation défavorable, bénéficient d’un score confortable (54,4 à 69,2%) qui atteste de leur capacité à rassembler, ce qui est vrai également des candidats communistes non élus et présents au 2e tour.
Dans ma section qui est « à cheval » sur deux circonscriptions qui ont envoyé chacune un député sarkozyste à l’assemblée, et bien que les résultats obtenus par nos candidats ne soient pas entièrement satisfaisants, des enseignements sont tout de même à tirer : quand on recueille plus de 200 voix dans une commune où le Parti n’est pas organisé, cela dénote un potentiel et une possibilité de progression si nous savons remettre le militantisme au cœur de notre projet.
A l’exception de François Liberti (merci aux « amis » qui ont prôné l’abstention…), les communistes sortants non réélus ont été éliminés au 1er tour, devancés par les candidats socialistes… à qui il est absurde de faire le reproche d’avoir été candidats : en effet, nous l’avons suffisamment dit, nous ne devons rien au PS et avons toujours mené la compétition au 1er tour des législatives, à l’exception notable des circonscriptions ou le FN menaçait en 2002.
Ces échecs sont à analyser au cas par cas : la 3ème de Seine-Saint-Denis où Muguette Jacquaint ne se représentait pas et où la candidature de M. Aounit venait jeter le trouble (en 2002, cette circonscription faisait partie des accords de candidature unique à gauche, et JJ Karman tentait de ravir le siège de Muguette…), la 2ème de l’Isère où Gilbert Biessy ne se représentait pas et où s’affrontaient 2 candidats communistes après un refus de la médiation proposé par la direction nationale, la 2ème de l’Allier, avec la situation particulière que l’on sait pour le député sortant Pierre Goldberg, et enfin la 4ème des B-d-R où la défaite de Frédéric Dutoit signifie la perte d’une circonscription détenue depuis 1936, ce qu’il faudra analyser…
Après l’échec que nous avons subi aux présidentielles, nous aurions tort de bouder ce succès qui n’allait pas de soi… (et tant pis pour ceux qui ici-même ont dépensé beaucoup d’énergie pour essayer de nous démontrer qu’il y avait péril à ce que les communistes soient « surreprésentés à l’AN… des cocopastrèscocos…)
Cela dit, il n’y a aucune raison de se satisfaire de la situation présente et de s’endormir sur ses lauriers ; comme Marie-George Buffet l’a précisé dès hier soir :
« Cela nous donne de nouvelles responsabilités à l’égard des hommes et des femmes de gauche, pour les défendre et créer les conditions d’une rénovation à gauche. Je vais lancer un appel dans quelques jours pour que se créent des rencontres populaires dans les communes ».
Cette proposition me convient : comment trouver une issue en dehors d’un débat serein et ouvert afin de réinventer un projet mobilisateur, exposé de façon intelligible et crédible, se ressourçant aux valeurs du communisme tout en créant les conditions d’un large rassemblement ?
C’est un autre avenir qu’il faut qu’on réinvente
Sans idole ou modèle pas à pas humblement
Sans vérité tracée sans lendemains qui chantent
Un bonheur inventé définitivement
Un avenir naissant d’un peu moins de souffrance
Avec nos yeux ouverts et grands sur le réel
Un avenir conduit par notre vigilance
Envers tous les pouvoirs de la terre et du cielAu nom de l’idéal qui nous faisait combattre
Et qui nous pousse encore à nous battre aujourd’huiJean Ferrat - Le Bilan - 1980
De : Francis de Quincy
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=49784