PIERRE BARDET : À propos de... L'ASCENSION DU HAMAS.
L’ascension du Hamas
Pour des raisons de copyrigth... [ l’article est publié le 3 juillet 2007, intégralement sur le site de l’AFPS :
http://www.france-palestine.org/article6551.html ]
...voici seulement un extrait de cet article fort édifiant, à l’heure où la communauté internationale affame tout un peuple, au nom des intérêts de l’occident.
"Qui s’interroge encore sur les raisons du terrorisme ?"
J’invite les lecteurs à suivre les liens... et notamment, à lire de bout en bout
> LES ORIGINES DU CONFLIT ISRAÉLO-PALESTINIEN
Patrice Bardet
De façon ironique, ce fut Israël qui encouragea la montée de ce mouvement islamiste palestinien, pour contrer l’Organisation de Libération de la Palestine (OLP), la coalition laïque composée du Fatah et de divers mouvements de gauche et nationalistes.
Remontant au début des années 80, avec des financements généreux de la part de la famille dictatoriale d’Arabie Saoudite, soutenue par les Etats-Unis, les ancêtres du Hamas ont commencé à émerger en créant des écoles, des cliniques médicales, des organisations de services sociaux et autres entités qui mettaient l’accent sur une interprétation ultra-conservatrice de l’Islam. Jusque-là, une telle interprétation de l’Islam n’était pas chose commune au sein de la population palestinienne. L’espoir était que si les gens passaient plus de temps à prier dans les mosquées, ils seraient moins prompts à s’inscrire dans les mouvements nationalistes de gauche mettant en cause l’occupation israélienne.
Tandis que les supporters de l’OLP laïque se voyaient refuser l’accès à leurs propres médias ou le droit aux rassemblements politiques, les autorités israéliennes d’occupation permirent aux groupes islamiques de tenir des meetings, de publier des journaux non-censurés et même d’avoir leur propre station de radio. Par exemple, dans la ville palestinienne occupée de Gaza, en 1981, des soldats israéliens - qui n’avaient montré aucune hésitation à réprimer brutalement des manifestations pacifiques en faveur de l’OLP - ne bougèrent pas lorsqu’un groupe d’extrémistes islamiques attaquèrent et incendièrent à Gaza une clinique médicale affiliée à l’OLP, destinée à offrir des services de planning familial aux femmes.
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Encouragement précoce
L’un des premiers encouragements majeurs pour le Hamas est venu lorsque le gouvernement israélien a expulsé plus de 400 Musulmans palestiniens à la fin de 1992. Alors que la plupart des exilés étaient associés avec les agences de services sociaux affiliées au Hamas, très peu d’entre eux étaient accusés de quelque crime violent que ce soit. Comme de telles expulsions constituaient une contravention directe à la loi internationale, le Conseil de Sécurité de l’ONU condamna cette action à l’unanimité et réclama leur retour immédiat.
Cependant, l’administration de Bill Clinton, fraîchement arrivée au pouvoir, empêcha les Nations-Unies de faire appliquer sa résolution et prétendit à tort qu’une proposition israélienne pour permettre in fine aux exilés de revenir constituait l’accomplissement du mandat de l’Onu. Le résultat des actions israéliennes et américaines fut que les exilés devinrent des héros et des martyrs ; aux yeux des Palestiniens, la crédibilité du Hamas augmenta considérablement - ainsi que leur force politique.
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L’élection d’un gouvernement Hamas
Avec l’administration Bush qui insistait pour que les Palestiniens organisent des élections libres et honnêtes après la mort d’Arafat en 2004, les dirigeants du Fatah espéraient qu’en persuadant le Hamas de participer au processus électoral, cela contribuerait à affaiblir ses éléments plus radicaux. Cependant, la réponse de Washington fut extraordinairement négative.
En décembre 2005, un mois avant les élections palestiniennes, la Chambre des Représentants vota une résolution à une écrasante majorité de 397 voix contre 17 critiquant le successeur d’Arafat, Mahmoud Abbas, pour "sa volonté de voir le Hamas participer aux élections sans réclamer d’abord que ce dernier... renonce à son objectif de détruire l’Etat d’Israël."
Toutefois, ni la Présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, ni les autres leaders de la Chambre, n’ont jamais critiqué le Premier ministre israélien Ehoud Olmert pour son empressement à voir des partis comme l’Union Nationale - qui cherche à détruire toute entité palestinienne et à expulser sa population arabe - participer aux élections israéliennes. Cette attitude montre visiblement que le Congrès voit la survie d’Israël comme axiomatique, la survie de la Palestine, quant à elle, étant une question ouverte. (De toutes les manières, tant pour l’Autorité Palestinienne que pour l’Etat d’Israël, le chef de l’Etat n’a tout simplement pas autorité pour interdire un parti politique simplement à cause de son idéologie, aussi répugnante soit-elle.)
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Les initiatives politiques concrètes
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Abbas a appelé à la paix avec des garanties strictes de sécurité pour Israël, incluant le démantèlement des milices du Hamas, en échange d’un Etat indépendant sur les 22% de la Palestine occupée par Israël depuis 1967. Il a même exprimé sa bonne volonté sur des ajustements frontaliers mineurs et réciproques. Les sondages montrent qu’une majorité de Palestiniens en Cisjordanie et dans la Bande de Gaza accepteraient un tel accord.
Toutefois, Israël a refusé cette offre, insistant sur son droit d’annexer de larges bandes du territoire de la Cisjordanie, y compris Jérusalem-Est, de telle façon que cela rendrait impossible un Etat palestinien viable et contigu.
En vertu de ce plan israélien - approuvé par l’administration Bush et une vaste majorité bipartisane au Congrès - Israël pourrait contrôler l’espace aérien palestinien, les ressources palestiniennes en eau et le mouvement d’entrée et de sortie de l’entité palestinienne et entre ses territoires séparés.
Par conséquent, ces cantons palestiniens non-contigus ressembleraient plus aux Bantoustans tristement célèbres de l’Afrique du Sud de l’Apartheid qu’à un Etat indépendant viable. Et, à moins que les Palestiniens n’aient une perspective forte qu’un Etat indépendant viable finira par émerger, la crédibilité du gouvernement d’Abbas s’érodera et l’appel des radicaux du Hamas grandira. [...]
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Stephen Zunes est le rédacteur en chef pour le Proche-Orient de "Foreign Policy In Focus". Il est professeur de politique à l’Université de San Francisco et l’auteur de "La Poudrière : La Politique américaine au Moyen-Orient et les Racines du terrorisme"(Parangon, 2002).
(Copyright 2007 Foreign Policy in Focus — Traduction : JFG/QuestionsCritiques. All rights reserved.)
De : Patrice Bardet
mardi 3 juillet 2007
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=50345