Mardi 09 Janvier 2007... "FRAGILE POSTURE"

Publié le par R.B

 

Le premier sondage électoral de l’année publié jeudi dernier par l’institut CSA pourrait donner l’impression d’un paysage politique quasiment immuable depuis des mois. Ségolène Royal à 34 % et Nicolas Sarkozy à 32 % continuent d’être donnés très loin devant les autres candidats. Le Pen en troisième position reste à un niveau élevé, autour des 15 %. Vient ensuite François Bayrou, en baisse à 6 %, bien qu’à nouveau vendu ces derniers temps par plusieurs magazines comme le possible troisième homme. Seule nouveauté, Marie-George Buffet qui vient d’entrer en campagne, pointe pour la première fois juste derrière, à 5 %, en progression de 2 %.

Que cache cette apparente stabilité globale des intentions de vote déclarées par sondages interposés ? Car, à y regarder de plus près, et à écouter plus attentivement les réflexions de la rue, le débat politique semble bien plus instable et mouvant. Il est même extrêmement actif, comme le montre l’importance des nouveaux inscrits, par définition difficilement prévisibles, ou la focalisation spectaculaire du débat public sur la question du droit au logement. En réalité, le pays donne plutôt l’impression de n’avoir aucune envie de se condamner à l’immobilisme. La recherche de changements profonds est à l’ordre du jour dans beaucoup de têtes, même si elle est en perpétuelle confrontation avec le doute, le scepticisme, la méfiance, voire le découragement. D’où l’extrême indécision des pronostics, mais aussi l’extrême attention de la majorité des électrices et des électeurs à ce qui peut réellement ouvrir la voie à du changement dans leur vie dès cette année. L’élection présidentielle de 2007 est attendue comme un moment important, d’autant que les urgences sociales sont fortes et que les réponses apportées pourraient s’avérer durablement structurantes. Dans la foulée de la repolitisation citoyenne, manifeste lors du référendum, des événements de banlieue ou de la mobilisation anti-CPE, des millions d’électrices et d’électeurs ne demandant qu’à s’emparer des enjeux présidentiels.

La campagne n’est donc pas jouée, loin de là.

En appelant à bousculer les pronostics et à faire émerger à gauche la candidature de rassemblement et de combat qu’elle entend porter, Marie-George Buffet a donné le signal qu’elle comptait casser le moule en allant au-devant de ce besoin de renouvellement de la politique. Car le paradoxe demeure d’un bipartisme qui s’impose autant qu’il étouffe, qui prétend incarner le neuf quand il prépare de nouvelles désillusions. Le Conseil supérieur de l’audiovisuel constatait hier « une bipolarisation excessive » des temps de parole « au profit de deux candidats » sur plusieurs grandes chaînes de télévision. Doux euphémisme qui met une fois de plus le doigt sur le décalage entre le scénario que l’on cherche à nous imposer et les attentes réelles et diverses du pays.

Conscient de ce décalage, expert en la matière depuis 1995, Jacques Chirac vient de relancer la machine à promesses en mettant pour ce faire à profit sa dernière série de voeux présidentiels. Pas facile toutefois de nous « vendre maintenant les rêves qu’il n’a jamais réalisés », selon la formule de Marie-George Buffet. Nicolas Sarkozy, lui, préférera probablement continuer de cultiver le thème de la « rupture » pour habiller de neuf ses recettes libérales, tandis qu’à l’inverse Le Pen cherchera un label de « respectabilité » pour des propositions toujours aussi dangereuses. À gauche, Ségolène Royal semble pour sa part décidée à s’en tenir à une image de « nouveauté » qui l’exonère d’une confrontation plus franche sur les moyens du changement. Ces postures résisteront-elles aux très fortes exigences qui travaillent le pays ? Rien n’est moins sûr, surtout si l’occasion est donnée à celles-ci de s’exprimer autrement et plus efficacement.

http://antiliberal.over-blog.net/article-5185508.html#nogo  [ Source ]


 

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