Jamais Roberto Ferrario naurait osé imaginer, lorsque le site de gauche alternative Bellaciao a été lancé début 2002, quil atteindrait les 26 millions de visites cumulées à ce jour.
mardi 9 janvier 2007 (14h35) :
Chronique d’une réussite
de Rosa Moussaoui
Pour les animateurs du site Bellaciao (1), tout est bon pour faire de la politique et pour changer le monde.
Jamais Roberto Ferrario n’aurait osé imaginer, lorsque le site de gauche alternative Bellaciao a été lancé début 2002, qu’il atteindrait les 26 millions de visites cumulées à ce jour. Créé à l’époque par le collectif militant du même nom, ce site informatif et collaboratif a connu un premier essor dans le sillage des sites anti-Le Pen qui avaient fleuri par dizaines sur la Toile entre les deux tours de l’élection présidentielle. "À l’époque, le paysage du Net n’était pas très intéressant, se souvient Roberto Ferrario. Certains sites sentaient la naphtaline. Ceux des partis se résumaient à des vitrines d’une tristesse graphique déprimante, fermés à la participation des internautes et difficiles d’accès."
D’où la volonté de construire un site coloré, multiforme et basé sur l’open-publishing. C’est sans conteste ce dernier principe qui a fait le succès de Bellaciao, devenu depuis un vaste forum de discussion, d’information et de confrontation. Près de 200 collaborateurs bénévoles, dans plusieurs pays du monde, adressent régulièrement des contributions auxquelles les internautes ont le loisir de réagir.
Ici, pas de censure, mais une "modération a posteriori". Les messages à caractère diffamatoire, injurieux, xénophobe, sexiste, les menaces, les provocations et la publicité sont bannis. La charte éditoriale du site tient dans les valeurs dont se réclament les militants du collectif Bellaciao : antifascisme, démocratie directe, égalité ou encore pacifisme. "Bellaciao n’est pas un aboutissement, mais un outil de débat, d’information et de formation, branché sur le réel, expose Roberto. Tout est bon pour changer le monde. Aussi et surtout les nouvelles technologies." Pour ce petit-fils de communiste qui a fui l’Italie de Mussolini pour échapper à une condamnation à mort, Internet est l’un des outils pour "contaminer la démocratie représentative avec de la démocratie directe".
Si la déception à l’égard des partis politiques pèse, -Roberto se dit convaincu de l’existence d’une « énorme envie de - recommencer à militer, à être protagoniste des choix, à faire de la politique autrement, sans déléguer ». C’est cette envie, conjuguée aux nouvelles formes de sociabilité que permet l’Internet, qui explique - selon lui le succès des blogs politiques non institutionnels. Un succès décuplé par la méfiance grandissante vis-à-vis de médias traditionnels jugés trop partisans, trop favorables aux puissants et à l’ordre établi. « L’objectivité de la presse, ça n’existe pas, assène Roberto. La presse a toujours pris position. On l’a nettement vu lors du référendum sur la constitution européenne, où la plupart des médias ont pris fait et cause pour le "oui". »
Lieu incontournable d’information alternative, de débat sur la gauche, espace de résistance sociale et culturelle, - carrefour de luttes et de mouvements sociaux, ce site, totalement autofinancé, peut aujourd’hui atteindre jusqu’à 55 000 connexions par jour. Le site, désormais quadruple, avec des versions italienne, anglophone, hispanophone, reçoit quotidiennement près d’une centaine d’articles, sans compter les réactions et commentaires. Une affluence qui a récemment contraint ses animateurs à changer le serveur, arrivé à - saturation.
http://www.humanite.presse.fr/journal/2007-01-08/2007-01-08-843382
De : Rosa Moussaoui
mardi 9 janvier 2007